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Shining - III : Angst - Självdestruktivitetens emissarie (2002)


Depuis la sortie l’année précédente de Livets Ändhållplats, son second méfait, beaucoup de changements ont eu lieu dans le camp de Shining : nouveau label (Avantgarde) et nouveaux musiciens autour du sombre Kvarforth, dont notamment Hellhammer, que l’on ne présente plus, derrière les fûts. La présence de ce dernier, ainsi que la signature sur un label plus important que le confidentiel Selvstmord, dirigé d’ailleurs par le maître à penser de la formation, contribuent à extraire (tout est relatif) Shining de l’underground le plus obscur. Cependant ces quelques changements ne modifient en rien la musique née dans le cerveau perturbé de Kvarforth. De fait, Angst reprend les choses où son prédécesseur les avait laissées. 


S’éloignant peu à peu du true black auquel Within Deep Dark Chambers pouvait se rattacher, ces six nouvelles compositions, chacune d’une durée conséquente (8 minutes en moyenne tout de même), arpentent le caveau sans lumière d’un black metal dépressif, lent et maladif. Elles sont comme un scalpel qui vous labourent la chair jusqu’à l’os. Et le pire, c’est qu’on en redemande ! L’aspect répétitif et hypnotique des riffs et des mélodies ( ?) qui confine à la transe, n’y est sans doute pas étranger. Surtout, en dépit de leur longueur, les titres composés par les Suédois se révèlent toujours d’une grande efficacité, mariant furie et lenteur agonisante. Au sein de la chapelle du black suicidaire et misanthropique, dans laquelle prêchent aussi des entités telles que Forgotten Tomb, Xasthur ou Beatrik, Shining est entrain de s’affirmer comme une valeur sûr d’un courant qui parvient à régénérer un style à bout de souffle. (2007) ⍖⍖⍖

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TOP DE LA SEMAINE

Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖