Accéder au contenu principal

Asphyx / Hooded Menace - Split (2011)


Le maître et l'élève. Le père et le fils. Tels sont un peu les liens qui unissent les deux faces de ce split déjà culte avant sa sortie et forcément épuisé le jour même où Doomantia l'a mis en pré-commande (seulement) sur son site !  Cette réunion à même de faire bander un eunuque, tous les zombies du Death/Doom baveux en ont rêvé, des rêves humides baignant dans un sperme visqueux au goût de sang et de chair putride attirant les mouches à merde. Entre un Asphyx revenu de terre depuis peu et un Hooded Menace qui pond des rondelles comme d'autres vont aux chiottes (au nombre de sept depuis 2008 !), cette douzaine minutes seraient à la hauteur de l'attente ? Principal risque d'une telle entreprise, une déception n'aurait été que plus fâcheuse. Autant l'annoncer tout de suite : il n'en est rien. Et si les deux protagonistes se tirent la bourre, un des deux l'emporte pourtant sur l'autre et ce n'est peut-être pas celui qu'on croit, puisqu'il s'agit... Des Hollandais, plus asphyxiens que jamais, dominé par le timbre comme frotté avec du papier de verre du grand (à tous les points de vue) Martin van Drunen qui crache ses boyaux avec une puissance de feu admirable. Véritable profession de foi, "We Doom You To Death" résume à  lui tout seul ce qu'est (ou devrait être) le Death/Doom : guitares telluriques  accordées plus bas que terre, riffs cendreux qui râclent la chair, tempo ultra pensant comme coulé dans le plomb le plus lourd, lignes obsédantes, le tout nageant à la surface d'une mer de cadavres en décomposition. 


Du grand art, tout simplement. En presque 7 minutes, les Bataves signent une de leur meilleures cartouches depuis leur résurrection. Une fois cette face A d'anthologie terminée, on se dit que les Finlandais n'auront pas la tâche facile. "Above Of The Grotesque" se pose lui aussi comme l'exemple même de cette patte boueuse dont les fils spirituels d'Asphyx ont fait leur célébrité. Historiquement, ce titre est important en cela qu'il est (pour le moment) le dernier enregistrement où Lasse Pyykkö gueule dans le micro, poste qu'il a depuis laissé à un chanteur à part entière (Oula Kerkelä) depuis déjà remercié, le groupe retrouvant début 2012 sa forme originelle d'un duo. Bref, Hooded Menace régurgite un titre monolithique, qui ne passe jamais la seconde, ni plus ni moins dans la lignée de ses grands frères émaillant le menu de Fullfill The Curse et Never Cross The Dead. Malgré tout, on a un peu l'impression que l'effet de surprise s'est envolé. Mais les aficionados ne seront pas déçus ! En un mot : culte ! (26.03.2012) ⍖⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖