Accéder au contenu principal

Shining - Through Years Of Oppression (2004)


Même les groupes les plus extrêmes ont droit aujourd’hui à leur best of ! Encore faut-il nuancer cette affirmation car Through Years Of Oppression se veut davantage un album de raretés qu’une banale compilation. Shining n’est pas Abba et c’est tant mieux ! Rassemblant six titres (comme d’habitude) issus des sessions des trois premiers albums du groupe (Within Deep Dark ChambersLivets Ändhållplats et Angst) et du suivant, (et dernier ?), The Eerie Cold, qui n’était alors pas encore publié, ce disque nous plonge corps et âme dans le black horriblement malsain, venimeux, lent et dépressif que répand, telle la Peste Noire sur le continent européen au Moyen Age, depuis quelques années déjà le torturé Kvarforth, à l’instar de ses frères de sang Forgotten Tomb et Dolorian (le plus doom des trois), avec lequel Shining a d’ailleurs partagé un slipt–cd introuvable, et dont il reste un vestige par le biais de cette très personnelle, mais néanmoins excellente reprise, si l’on peut la nommer ainsi, de la Marche funèbre de Chopin. Cette relecture constitue d’ailleurs, avec « Black Industrial Misery », le seul véritable titre inédit de Through Years Of Oppression, tous les autres se révélant n’être finalement que des versions différentes de morceaux que le fan connaît déjà. Une bonne entrée en matière néanmoins pour le néophyte qui serait tenté par cette formation suédoise culte qui érige la misanthropie et le désespoir le plus absolu, comme un art. (2007) ⍖⍖⍖

Commentaires

TOP DE LA SEMAINE

Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖