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Clint Eastwood - Le retour de l'inspecteur Harry (1983)


En 1983, Eastwood renoue avec le personnage qui l'a rendu célèbre dans les années 70 avec ce quatrième épisode que ses fans attendaient depuis sept ans. Après l'échec commercial de Honkytonk Man, pourtant un de ses meilleurs films, la star cherche à s'assurer un succès facile. Pour autant, Sudden Impact n'est pas un simple véhicule, ce que sera en revanche La dernière cible (1988). Egalement réalisateur, Clint impose sa griffe, sèche et nerveuse, au métrage beaucoup plus violent sinon malsain que les autres volets et où il prononce sa plus fameuse réplique : "Make my day". Après un Inspecteur ne renonce jamais (1976), sympathique mais terne, ce retour de Dirty Harry se révèle donc bien plus personnel. La présence de Sondra Locke, autour de laquelle le récit se développe et l'ambiance hitchcockienne du premier meurtre participent de cette identité, marque d'un véritable auteur, quand bien même Eastwood n'a jamais écrit le moindre scénario. 

Les années ont passé, la société a évolué mais la violence demeure et Harry, considéré comme une relique, un dinosaure, est un héros fatigué et meurtri. Masochiste comme toujours, le comédien aime se montrer affaibli, blessé, au bord des limbes. Dans un final, aux confins du fantastique, il filme sa propre mort et c'est un fantôme qui revient se venger et punir en une figure de l'ange exterminateur. Oeuvre mortifère dont la noirceur contraste avec le calme de la petite ville balnéaire qui lui sert de cadre, Le retour de l'inspecteur Harry permettait ironiquement à Clint d'enterrer son personnage de la plus brutale des manières, au point de rendre inutile le film suivant, réalisé sans génie par Buddy Van Horn... (04.09.2016) ⍖⍖⍖




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Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖