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Clint Eastwood - Le retour de l'inspecteur Harry (1983)


En 1983, Eastwood renoue avec le personnage qui l'a rendu célèbre dans les années 70 avec ce quatrième épisode que ses fans attendaient depuis sept ans. Après l'échec commercial de Honkytonk Man, pourtant un de ses meilleurs films, la star cherche à s'assurer un succès facile. Pour autant, Sudden Impact n'est pas un simple véhicule, ce que sera en revanche La dernière cible (1988). Egalement réalisateur, Clint impose sa griffe, sèche et nerveuse, au métrage beaucoup plus violent sinon malsain que les autres volets et où il prononce sa plus fameuse réplique : "Make my day". Après un Inspecteur ne renonce jamais (1976), sympathique mais terne, ce retour de Dirty Harry se révèle donc bien plus personnel. La présence de Sondra Locke, autour de laquelle le récit se développe et l'ambiance hitchcockienne du premier meurtre participent de cette identité, marque d'un véritable auteur, quand bien même Eastwood n'a jamais écrit le moindre scénario. 

Les années ont passé, la société a évolué mais la violence demeure et Harry, considéré comme une relique, un dinosaure, est un héros fatigué et meurtri. Masochiste comme toujours, le comédien aime se montrer affaibli, blessé, au bord des limbes. Dans un final, aux confins du fantastique, il filme sa propre mort et c'est un fantôme qui revient se venger et punir en une figure de l'ange exterminateur. Oeuvre mortifère dont la noirceur contraste avec le calme de la petite ville balnéaire qui lui sert de cadre, Le retour de l'inspecteur Harry permettait ironiquement à Clint d'enterrer son personnage de la plus brutale des manières, au point de rendre inutile le film suivant, réalisé sans génie par Buddy Van Horn... (04.09.2016) ⍖⍖⍖




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TOP DE LA SEMAINE

Clint Eastwood - Sur la route de Madison (1995)

Lorsque Clint Eastwood entame le tournage de Sur la route de Madison , il se trouve dans une des périodes les plus fastes de sa carrière. Les années précédentes ont vu le triomphe de Impitoyable et de Dans la ligne de mire , le premier ayant été également couvert de récompenses et en 1994, privilège suprême, il préside le festival de Cannes. Il est donc en position de force quand il décide, vingt-deux ans après Breezy , de tourner une histoire d’amour, sa première en tant que comédien. De fait, le film n’est pas sans évoquer sa troisième réalisation. Tout deux racontent, certes d’une manière différente, une dernière histoire d’amour. Durant quatre (trop) petits jours, nous suivons la relation entre une femme mariée (Francesca) et un photographe solitaire venu dans l’Iowa pour prendre quelque clichés de ses célèbres ponts en bois. Le film est au départ destiné à Sydney Pollack qui pense bien sûr à son ami Robert Redford pour camper Robert Kincaid, le photographe voyageur. Puis, Steven S...

Avatarium - The Fire I Long For (2019)

Tout d'abord présenté comme l'un des side-projects de Leif Edling, Avatarium tend peu à peu à couper le cordon avec la tête pensante de Candlemass, afin d'exister par lui-même. Chaque nouvelle offrande voit ainsi la griffe du légendaire bassiste s'effacer au point de voir son rôle désormais réduit à un simple patronage. Bien qu'il ne fasse officiellement plus vraiment partie du groupe, son influence n'en reste pourtant pas moins prégnante, moins pour les compositions - de plus en plus rares - qu'il signe encore que par son style reconnaissable entre mille dont se réclament les autres musiciens. Toute la difficulté pour ces derniers réside aujourd'hui dans leur capacité à faire évoluer, sans pour autant la dénaturer, cette identité très particulière que Eidling a fixée, à savoir cet alliage ensorcelant entre l'élégance d'un chant féminin et la puissance volcanique de guitares coulées dans le plomb, le tout nappé d'effluves progressives échappé...

Avatarium - Death, Where Is Your Sting (2022)

Au départ fruit de la collaboration entre Leif Edling, bassiste et fondateur de Candlemass, et Marcus Jidell, ancien guitariste d'Evergrey, Avatarium semble avoir passé ses dix premières années d'existence à tenter de s'affranchir de l'empreinte écrasante de la légende du doom suédois, qui l'a d'ailleurs quitté depuis cinq ans désormais, le laissant tracer sa propre voie. Six albums (dont le petit dernier) ont coulé sous les ponts, peaufinant une identité très particulière, modelé de prime abord dans le doom gainé de chant féminin mais auquel Jidell injecte une flamboyante dose de metal progressif et de hard rock. Résultat, Avatarium ne ressemble à nul autre. Fort de cette signature qui n'appartient donc qu'à lui, le groupe continue de tracer son chemin, de travailler son art, à son rythme, sans récolter le succès qu'il mérite, comme le démontre sa relégation en seconde division en quittant Nuclear Blast (qui l'hébergeait depuis ses débuts) pour ...