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Shining - Livets Ändhållplats (2001)


Après un premier essai, Within Deep Dark Chambers, annonciateur de grandes choses, nous attendions de pied ferme son successeur. Un an après, les Suédois, toujours emmenés par le torturé Kvarforth, remettent donc le couvert avec un album bien plus réussi que son ainé. Bien qu’à nouveau enregistré au studio Abyss sous la houlette de Tommy Tägtgren, le son se veut plus clair, moins nécro et  s’éloigne donc des productions true black qui ne jurent que par le minimalisme fleurant bon la cave transylvanienne. Pour autant, Livets Ändhållplats n’a rien du disque surproduit. On n’est pas chez Dimmu Borgir ici ! Bien au contraire, Kvaforth n’en a rien battre du succès commercial. Lui, tout ce qu’il veut, c’est répandre, tel un escadron de la mort, son black rampant, misanthropique, et malsain. Shining est un monstre de dépression à déconseiller (ou pas, si l’on est masochiste)  aux suicidaires. 


Horriblement sombre et suintant le désespoir le plus total, la musique du groupe est forgée autour de titres très longs, qui prennent donc leur temps pour plonger l’auditeur dans une transe funèbre sans espoir de retour. Ses armes ? La voix écorchés de Kvarforth et des ambiances hypnotiques et dépressives que tissent des guitares toujours très présentes. Toutefois, malgré la noirceur absolue qui parent ces six morceaux, Livets Ändhållplats apparaît plus accessible que Within Deep Dark Chambers, et ce, de part une musicalité plus évidente. Des venins tels que « EttLIv Utan Mening », « Död » et surtout « Svart » pénètrent en vous pour ne plus jamais en sortir, et font de cette seconde offrande la meilleure de Shining. (2007) ⍖⍖⍖

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