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Avatarium - Between You, God, The Devil And The Dead (2025)


Treize ans déjà qu'Avatarium sculpte un alliage très personnel entre Doom, hard rock et progressif, le tout nimbé d’un chant féminin aussi envoûtant que dramatique. Unanimement respectés, les Suédois ne bénéficient certainement pas du succès qu’ils mériteraient mais n’en poursuivent pas moins une carrière impeccable qui s’enrichit à un rythme régulier de nouvelles gemmes. Between You, God, The Devil And The Dead est le dernier en date. Les fidèles du groupe ne seront ni dépaysés ni déçus par cette sixième offrande qui se place dans la flamboyante et funèbre continuité de ses devancières. Si son identité a été esquissée dès le galop d’essai éponyme, Avatarium, en s’affranchissant peu à peu de la tutelle du bassiste de Candlemass qui l’a quitté quatre ans après ses débuts (Leif Edling), a su fixer un style assez unique, reconnaissable entre mille, que le successeur de Death, Where Is Your Sting, vient encore peaufiner davantage avec la ténébreuse et coutumière élégance de ses créateurs. La voix puissante et habitée de Jennie-Ann Smith accouplée à la guitare de Marcus Jidell, brillant d’une noirceur ardente, irriguent ces compositions pesantes dans l’âtre desquelles se consume une mélancolie racée. Que le couple le soit également à la ville n’est d’ailleurs pas étranger à cette précieuse alchimie qui impose plus que jamais une réussite complice. 


Comme toujours frappés du sceau de la mort, les huit morceaux qui remplissent ce disque au titre énigmatique, à l’instar de ses prédécesseurs, sont autant de pièces finement ciselées dont les trésors se nichent dans les replis brumeux de leur intimité crépusculaire. A commencer par ces nappes de claviers antédiluviens qui drapent un soubassement à la fois sombre et chatoyant, comme si le regretté Jon Lord avait participé à Black Sabbath (‘I See You Better In The Dark’). Cet emprunt au hard rock seventies n’est d’ailleurs pas le seul qui plane tout du long d’un ensemble auquel Marcus Jidell imprime des morsures parfois très blackmoriennes (‘Long Black Waves’). Au milieu de saillies pesantes comme il se doit, témoin ce ‘Being With The Dead’ aux coutures bien doom quoique tamisé par une guitare toute en sensibilité ou ce ‘Until Forever And Again’ comme prisonnier d’une gangue aussi glaciale que tragique, se glissent des complaintes surprenantes bien qu’elles ne s’extraient jamais d’une brume lancinante. Citons ‘My Hair Is On Fire’, dont les atours squelettiques cachent mal la sourde tension palpitant dans ses arcanes d’une sombre majesté. Piqueté de touches acoustiques belles comme un chat qui dort en boule, ‘Lovers Give A Kingdom To Each Other’ se pare d’oripeaux zeppeliniens tandis que ‘Notes From Underground’ se fraye un curieux chemin entièrement instrumental, à la fois caillouteux et victorien et surtout virtuose. Tout aussi étonnante se veut la conclusion éponyme, respiration soyeuse et fragile qui tranquillement se dirige vers un final bouleversant. Alors que ses prédécesseurs avaient pourtant placé la barre très haut, Between You, God, The Devil And The Dead les surclasse, ravissement de tous les instants, funèbre et intimiste. (01.02.2025 | MW) ⍖⍖⍖

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