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Clint Eastwood - La relève (1990)


La relève forme la troisième et dernière variation autour du personnage de flic interprété par Clint Eastwood, après L’épreuve de force et La corde raide de Richard Tuggle. Habilement, le film joue sur les codes créés par la série des Dirty Harry. Ainsi, au début du récit, Nick Pulowski se voit adjoindre sans enthousiasme un nouveau coéquipier. Comme souvent avec le cinéaste, il est un individualiste, obsédé par son travail et sa mission. Mais Pulowski n’est pas l’inspecteur Harry et la vengeance constitue le principal moteur de son action. Cette quinzième réalisation de Eastwood se penche aussi sur la personnalité du coéquipier, un jeune homme tourmenté par la culpabilité, du fait de la mort de son frère dont il se sent responsable. Presque coincé durant la première partie de l’histoire, il se transforme en flic efficace. Quelques uns des thèmes favoris de Clint Eastwood marquent La relève : la culpabilité, la vengeance et la formation d’un plus jeune par un aîné. Ajoutons aussi que les deux principaux protagonistes sont des héros selon son cœur. 

Pourtant, il ne s’agit pas du film le plus personnel du metteur en scène, plutôt une œuvre de compromis vis à vis de la Warner suite à l’échec quasi prévisible de son précédent projet, Chasseur blanc, cœur noir. De fait, malgré d’excellentes scènes d’action (la poursuite qui ouvre le récit, le vol plané d’une voiture, l’affrontement dans un aéroport), d’une solide distribution, quand bien même Raul Julia et la sulfureuse Sonia Braga, l’inoubliable Dona Flor et ses deux maris, ne s’avèrent pas très convaincants en couple d’Allemands, d’une mise en scène toujours efficace et de nombreuses touches d’humour (le clin d’œil final qui voit David accepter à contre cœur un nouveau partenaire comme Nick au début), La relève ne constitue en définitive qu’un bon polar, bien entendu supérieur à La dernière cible ou à Pink Cadillac, mais loin du grand cru que l’on pouvait attendre de la part de Clint Eastwood. Si ce dernier est comme toujours parfait, son tandem avec Charlie Sheen ne fait que peu d’étincelles, contrairement à celui que le comédien formait par exemple avec Tyne Daly dans L’inspecteur ne renonce jamais. Reste donc un bon film mais auquel il manque l’alchimie nécessaire entre les deux héros. (2005) ⍖⍖






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Drudkh - Microcosmos (2009)

Nonobstant les qualités réelles de Season Of Mist, on se demande quand même ce que vient faire Drudkh chez l'écurie marseillaise ! Alors certes, une légende telle que Mayhem a rejoint depuis longtemps ce label mais les Ukrainiens se répètent dans un humus bien plus underground que celui des Norvégiens. Pour ceux qui ont découvert cette mystérieuse entité avec la gemme noire qu'est Forgotten Legends en 2003, cette promotion ne peut que laisser perplexe, après tant d'années passées chez Supernal Music, structure plus modeste qui lui convenait bien davantage et qui du reste accueille tous les projets de Roman Saenko, l'âme du "groupe", du regretté Hate Forest à Dark Ages sans oublier Blood Of Kingu. Car Drudkh fait partie de ces formations qui ne peuvent proliférer que dans l'obscurité : ni photos ni crédits dans  des livrets réduits au strict minimum, à des années-lumière donc des digipacks et autre coffret luxueux aujourd'hui de mise. Season Of Mist n...

Kadavar - Rough Times (2017)

Il a suffi aux Allemands d'un seul album, le premier, pour s'imposer comme le chef de file du (hard) rock vintage. Certains jamais contents ne manquent pas depuis de s'interroger sur ce succès, estimant que le trio ne mérite pas plus qu'un autre cette fulgurante ascension. Pourtant, peut-être plus encore que son prédécesseur, le très justement acclamé Berlin , Rough Times apporte la réponse à cette question. Derrière le caractère basique d'une musique brute de décoffrage, ce qui fait d'ailleurs aussi sa force (nous y reviendrons), est tapie une écriture d'orfèvre qui n'oublie jamais qu'un bon titre est celui qui s'accroche à la mémoire comme une sangsue à la peau. Pourtant la défloration de cette troisième rondelle laisse tout d'abord un goût amer dans la bouche, surtout pour qui fut témoin des prestations atomiques délivrées sur scène par 'Lupus' et ses sbires. On attend fiévreusement ces éjaculations guitaristiques dont Kadavar a l...

Paul Maslansky - Sugar Hill (1974)

La Blacksploitation a essaimé dans de nombreux genres, le polar surtout ( Shaft , Coffy etc...), le western mais aussi le fantastique, à l'image de Blacula ou de ce Sugar Hill que réalise Paul Maslansly en 1974, dont c'est la seule incursion derrière la caméra. Ce film puise dans le folklore voodoo pour exploiter le thème des zombies à la sauce black. Quoique sympathique, le résultat ne convainc qu'à moitié à cause de son rythme trop lent et paralysé par les situations répétitives qu'impose le sujet de la vengeance. De fait, timoré en matière d'hémoglobine, il échoue à faire peur. Reste ce cachet typique de la blacksploitation (l'érotisme en moins) tandis que la beauté de Marki Bey, quant à elle, sauve de justesse l'ensemble de l'ennui. (02/12/18) ⍖⍖