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Code - Augur Nox (2014)


D'une certaine manière, et en exagérant un brin, Code reste le groupe d'un seul album, son premier, ce Nouveau Gloaming démesurément baroque, pierre angulaire d'un art noir réussissant à concilier froideur et mélodie avec une folie débridée. Nonobstant d'incontestables qualités, Resplendent Grotesque marquait déjà le pas quatre ans plus tard, ramenant ses auteurs au rang de simples humains alors qu'ils semblaient jusqu'alors être d'origine quasi divine. Bien que formé par le Britannique Aort, par ailleurs bassiste de Decrepit Spectre et d'Indesinence, le groupe s'est très vite confondu avec le chant du grand Kvohst, vocaliste génial dont la voix claire est capable de donner des frissons dès la première note. Celui-ci parti se concentrer sur son projet de Dark folk progressif Hexvessel, Code se retrouve presque démuni, nu, vidé de sa substance. De fait, à l'origine réunion de quelques pointures de la scène Black Metal norvégienne au tableau de chasse impressionnant (Dodheimsgard, Ulver, Ved Buens Ende, Manes...), il ne reste aujourd'hui plus grand chose de ses débuts, tant sur un plan humain (Aort en est le dernier membre historique) que musical. Alors qu'il aurait pu lâcher l'affaire, ce que d'aucuns auraient sans doute préféré, le maître des lieux a pourtant décidé de poursuivre l'aventure avec un line-up renouvelé et donc un nouveau chanteur. Changer de voix n'est jamais chose aisée, entreprise rendue plus ardue encore lorsqu'il faut remplacer un chanteur indissociable du son identité. S'il ne s'en tire pas si mal, Wacian ne saurait faire oublier son glorieux prédécesseur, qu'il tente parfois d'imiter ('Becoming Host', 'White Triptych') non sans un certain talent, cette espèce de folie géniale en moins toutefois. 


S'il souffre de cette comparaison, Augur Nox mérite plus que l'indifférence qu'il risque bêtement de susciter. Déserté par les admirateurs de ses deux premières offrandes, Code n'a pas encore tout dit. Mieux, des écoutes répétées permettent, osons le dire, de hisser cet opus au-dessus d'un Resplendent Grotesque décevant dont il se révèle assez proche en terme de style, Nouveau Gloaming demeurant définitivement unique. Plus sage et contrôlée peut-être, la musique du groupe n'a même rien perdu de sa richesse instrumentale. Foisonnante, la trame ici déroulée grouille de détails et d'arrangements qui se dévoilent par petites touches. Séparées par deux courtes pistes ('Dx' et 'Rx'), trois parties distinctes divisent l'album. La première se veut la plus agressive des trois avec un quarteron de titres à l'énergie fiévreuse dont on retiendra surtout 'Glimlight Tourist', lequel renoue par ses kystes contaminateurs avec le pandemonium orgiaque originel. Plus posé, plus mélodique aussi, le second segment mise davantage sur les ambiances, décollant très haut vers des sphères célestes lors des mesures achevant 'The Lazarus Cord', qu'emportent des lignes de guitares belles à en pleurer. Quand au dernier chapitre, la passion monte encore d'un grand dans la noirceur grâce à 'Trace Of God' notamment. Accosté avec méfiance, Augur Nox n'est donc pas le ratage imaginé. Bien au contraire, tout en creusant un sillon identique à son aîné direct, il renouvelle subtilement le son du groupe, lui ouvrant de nouvelles perspectives. Gageons qu'avec Kvohst à son bord, le chef-d'oeuvre n'était pas loin... (14.04.2014 | MW) ⍖⍖⍖

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