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Avatarium - Death, Where Is Your Sting (2022)


Au départ fruit de la collaboration entre Leif Edling, bassiste et fondateur de Candlemass, et Marcus Jidell, ancien guitariste d'Evergrey, Avatarium semble avoir passé ses dix premières années d'existence à tenter de s'affranchir de l'empreinte écrasante de la légende du doom suédois, qui l'a d'ailleurs quitté depuis cinq ans désormais, le laissant tracer sa propre voie. Six albums (dont le petit dernier) ont coulé sous les ponts, peaufinant une identité très particulière, modelé de prime abord dans le doom gainé de chant féminin mais auquel Jidell injecte une flamboyante dose de metal progressif et de hard rock. Résultat, Avatarium ne ressemble à nul autre. Fort de cette signature qui n'appartient donc qu'à lui, le groupe continue de tracer son chemin, de travailler son art, à son rythme, sans récolter le succès qu'il mérite, comme le démontre sa relégation en seconde division en quittant Nuclear Blast (qui l'hébergeait depuis ses débuts) pour le plus modeste AFM. Mais il n'en a cure, ce dont témoigne ce Death, Where Is Your Sting à la fois conforme aux standards établis par ses aînés mais néanmoins assez surprenant pour ne pas dire déconcertant. Dans le sillage de ses prédécesseurs, ce sixième album se place ainsi incontestablement en cela qu'il égrène tous les invariants propres à ses auteurs. Chant féminin aussi puissant qu'émotionnel, aplats d'une ténébreuse lourdeur et arrangements brumeux constituent les principaux marqueurs de cette signature coulée dans un doom évolutif, crépusculaire et romantique tout ensemble qu'un titre comme 'Stockholm' incarne parfaitement. 


On reconnait donc les Suédois dès les premiers notes. Pour autant, le successeur de The Fire I Long For n'en est parfois pas moins déroutant. Sa construction s'avère curieuse, suivant une progression dont on peine à saisir la logique. Le menu démarre par le sombrement langoureux 'A Love Like Ours' et s'achève par le mystérieux 'Transcendent', piste instrumentale à la fois déglinguée et orchestrale, moelleuse et inquiétante, que hante un violoncelle par ailleurs présent durant une bonne partie de l'ensemble. L'opus étonne aussi par sa diversité et sa faculté à changer de ton. Il peut s'abîmer dans un pur chaudron sabbathien ('God Is Silent' ou le gigantesque 'Nocturne'), mollir lors d'une ballade engourdie qu'illumine un solo beau à pleurer ('Mother Can Your Hear Me Now'), arborer une forme squelettique mais gronder d'une tension sourde ('Psalm For The Living') ou baguenauder au milieu d'une sente faussement légère à l'image du morceau éponyme. Tout du long, Death, Where Is Your Sting brouille les pistes, affiche plusieurs visages, différents quoique complémentaires. Il surprendra, décevra peut-être. La maîtrise des Suédois n'en demeure pas moins totale, élaborant chaque titre comme une pièce d'orfèvre. Ce faisant, ils se dressent plus que jamais comme les architectes d'un édifice singulier où la douceur boisée s'allie à la lourdeur tellurique, la lumière éthérée à la noirceur des abysses. (23.10.2022 | MW)  ⍖⍖⍖

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