S'il est tentant de ne voir en lui qu'un énième rejeton du hard rock seventies, se contentant de faire du neuf avec du vieux, Kadavar mérite mieux que ce raccourci injuste car, derrière le son brut de décoffrage, toutefois plus soigné qu'il n'y parait, et l'énergie endiablée que libèrent des riffs ravageurs à défaut d'être novateurs, se cachent des artistes qui ont clairement une vision de leur art qui, contrairement aux apparences, trompeuses comme souvent, n'est pas immobile. Ainsi, chaque album développe un univers, une esthétique qui lui est propre. Berlin se voulait plutôt sensuel, Rough Times, plus macabre. Son habillage où les trois musiciens se détachent d'un décor transylvanien rapproche quant à lui For The Dead Travel Fast du premier Black Sabbath. Sa prise de son analogique, plus chaleureuse que celle de son devancier, participe en outre de cet ancrage plus affirmé encore dans le proto doom des années 70 dont il ravive l'aura fantasmagorique. Si cette imagerie horrifique héritée de la littérature victorienne et du cinéma bis des années 60 n'est donc pas nouvelle dans le hard rock et ses cousins (le stoner, etc.), au moins se fond-elle à merveille dans la musique que Kadavar forge avec une force à la fois brutale et moelleuse. Cet emprunt à l'épouvante gothique commande pour les Allemands un retour à la fois au heavy rock sous tutelle sabbathienne et au psychédélisme noir comme l'ébène, à la manière de leur première et cultissime offrande. De là sans doute la facilité avec laquelle on pénètre cette quatrième rondelle qui voit ses géniteurs renouer avec ces compositions d'anthologie dont ils avaient le secret à leurs débuts et qui s'était quelque peu dilué sur les deux disques suivants, malgré leur précieuse réussite.
Lorsque Clint Eastwood entame le tournage de Sur la route de Madison , il se trouve dans une des périodes les plus fastes de sa carrière. Les années précédentes ont vu le triomphe de Impitoyable et de Dans la ligne de mire , le premier ayant été également couvert de récompenses et en 1994, privilège suprême, il préside le festival de Cannes. Il est donc en position de force quand il décide, vingt-deux ans après Breezy , de tourner une histoire d’amour, sa première en tant que comédien. De fait, le film n’est pas sans évoquer sa troisième réalisation. Tout deux racontent, certes d’une manière différente, une dernière histoire d’amour. Durant quatre (trop) petits jours, nous suivons la relation entre une femme mariée (Francesca) et un photographe solitaire venu dans l’Iowa pour prendre quelque clichés de ses célèbres ponts en bois. Le film est au départ destiné à Sydney Pollack qui pense bien sûr à son ami Robert Redford pour camper Robert Kincaid, le photographe voyageur. Puis, Steven S...
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