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Primordial - How It Ends (2023)


How It Ends est le nom du nouvel album de Primordial qu'on peut traduire en français par "Comment cela se termine". Rassurez-vous, ce titre propice à toutes les interprétations n'annonce en aucun cas la fin du groupe mais interroge sur l'évolution du monde et de nos sociétés à un moment où tout semble vouloir s'écrouler, à la manière d'une réplique de la chute de l'empire romain. A cette interrogation répond une pochette dont le personnage qui s'y découpe dans un nuage de fumée, arme au poing et casquette trahissant sa souche populaire, sonne comme un appel à la révolte, à la révolution, thème qui traverse toute l'œuvre des Irlandais, meurtrie par un romantisme brutal et tragique, et plus particulièrement le quintessentiel To The Nameless Dead (2007). Ce faisant, ils livrent une dixième offrande dans la droite et belle lignée de ces devancières, taillée dans ce matériau qui n'appartient qu'à eux et n'a plus de black metal que l'étiquette. Depuis longtemps, leur style est fixé, sévère et mélancolique, enraciné dans l'histoire ensanglantée du pays qui l'a vu naître et ces terres pleines de rudesse et de beauté. S'ils ne seront pas surpris par le successeur de Exile Amongst The Ruins (2018), même si l'instrumental 'Traidisiúnta' étonne par sa truculence folklorique, les fidèles de Primordial seront peut-être de prime abord (légèrement) déçus par son contenu que ne propulse aucun morceau de bravoure de l'acabit des 'Empire Falls' ou 'To Hell Or The Hangman'. 


Ainsi en guise de mise en bouche, 'Victory Has 1000 Fathers, Defeat Is An Orphan' est une composition typique de ses auteurs, efficace et envoûtante mais dont on peut douter qu'elle fera date dans leur carrière. En vérité, comme souvent avec les grands disques, How It Ends ne révèle ses trésors nichés dans sa douloureuse et sombre intimité que par petites touches pointillistes. Il y a bien sûr toujours le chant habité et expressif du charismatique A.A. Nemtheanga qui emporte tout et dont les épaules supportent toute la misère du monde ('All Against All'). Il y a aussi cette batterie dont les rouleaux se fracassent contre une falaise dressée dans la nuit ('Call To Cernunnos'). Il y a également ces guitares qui drainent un désespoir obsédant ('Pilgrimage To The World's End'), à la fois minérales et belles à pleurer. Il y a enfin ces compos sculptées au burin, pesantes et tumultueuses, véritables bijoux de progression et d'ambiance ('Nothing New Under The Sun'). Peu à peu, elles font leur trou, pour ne plus nous lâcher et nous hanter longtemps après que l'écoute s'est achevée. Certes, pour qui connaît bien Primordial, cet album ne réserve aucune surprise, à l'image de ce 'We Shall Not Serve' dont les entêtantes lignes de six-cordes paraissent s'être échappées de The Gathering Wilderness (2005) mais les écoutes aidant, il finit par s'imposer comme un de ses meilleurs albums, classique et grondant d'une force souterraine et dramatique, bloc massif et douloureux dont tous les morceaux s'agrègent les uns aux autres en un ensemble compact et indivisible. (23.09.2023 | MW) ⍖⍖⍖⍖

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