Le virage plus commercial - plus pop diront certaines mauvaises langues - entamé avec l'excellent One Second et poursuivi par les plus inégaux Host et Believe In Nothing, ne fut pas au goût de la plupart des fans des Anglais. Le passage (éphémère) chez le géant EMI ne fut pas non plus pour rassurer quant à la démarche d'un groupe qui siégeait autrefois tout en haut de l'Olympe du metal extrême de la Perfide Albion. Sans être un retour à l'ère Draconian Times, cette nouvelle galette s'éloigne néanmoins incontestablement de ses récents prédécesseurs. Certes la musique que façonne aujourd'hui Paradise Lost s'apparente toujours davantage à une pop sombre et mélancolique qu'au metal gothic dont il fut un des pionniers, mais on note avec bonheur que les guitares du duo Greg Mackintosh / Aaron Aedy sonnent plus heavy que ces dernières années, que la production de Rhys Fulber est énorme, et que l'ensemble des titres envoie la sauce sévère. Des chansons comme "Primal" et "Self-Obsessed" et leur rythmique en béton armé, en viennent presque à surprendre tant nous avions perdu l'habitude de voir le groupe usiner de telles enclumes. Symbol Of Life démontre de la plus belle des manières que Paradise Lost a encore des choses à dire dans le domaine du metal.
Il constitue même la parfaite synthèse entre la face agressive du groupe et son visage le plus accessible. Ne tenons-nous pas là tout simplement le meilleur album des Britanniques ? Les admirateurs passéistes du gang argueront que non, pourtant, à l'écoute de brûlots de la trempe de "Isolate", "Erase" (sur lequel apparaît Lee Dorian du cultissime Cathedral), "Perfect Mask" ou "Symbol Of Life" confirment cette vérité. Nous pourrions poursuivre cette litanie jusqu'à avoir fait le tour du propriétaire tant ce disque ne souffre d'aucune baisse de régime. Nick Holmes n'a sans doute jamais aussi bien chanté, secondé parfois par quelques voix féminines du plus bel effet. Moins une marche à arrière qu'un ajustement de son style, cette nouvelle offrande donne l'image d'un groupe courageux et lucide mais refusant de céder à la pression populaire qui voudrait le voir ressusciter les fantômes du passé. Paradise Lost n'en fait qu'à sa tête et c'est pour ça qu'on l'aime. Un dernier conseil, jetez-vous sur la version limitée habillée d'un digipack en croix de toute beauté, mais surtout agrémentée de deux reprises qui valent leur pesant de cacahouètes : "Small Town Boy" de Bronsky Beat et l'envoûtant et gigantesque "Xavier" de Dead Can Dance. (03.03.2007) ⍖⍖⍖
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