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Paradise Lost - Icon (1993)


La stagnation artistique n'est pas un reproche que l'on peut accrocher au dos de Paradise Lost. Peu de groupes ont en effet autant su évoluer au cours de leur carrière. Chantre du doom death sur son premier méfait, Lost Paradise, il est parvenu ensuite à forger un style qui lui est propre. Ce faisant, il jette alors sans le savoir les bases de ce que l'on baptise depuis le metal gothique. Mais attention, on ne parle pas ici de tous ces groupuscules à chanteuses pour jeunes filles gothic suicidaires, lesquels ne sont finalement qu'une version abâtardie du genre. Non, le vrai metal gothique, celui façonné par les Britanniques est une musique méchante, qui plonge ses racines dans le metal extrême, et dans le doom death notamment, qu'il adoucit de quelques voix féminines et d'orchestrations discrètes. Gothic, publié en 1991 en fut l'acte de naissance. Plus accessible, Icon s'inscrit de fait dans la continuité de son prédécesseur, Shades Of God. Comme sur celui-ci, Nick Holmes a abandonné au fond d'une mine sa voix d'outre-tombe pour lui préférer un chant à la James Hetfield, et qui lui va comme un gant. 


Lourds comme une pierre tombale et mélancoliques comme une journée de novembre, les 13 titres qui composent Icon sont comme toujours portés par les lignes de guitares acérées et d'une redoutable efficacité du duo Mackintoch / Aedy qui tisse des mélodies entêtantes et superbes. Des perles telles que "Embers Fire", "Dying Freedom" ou "True Belief" (qui s'imposera très vite comme un des classiques des Anglais) constituent de véritables hymnes, qui démontrent encore une fois la capacité du groupe à pondre des brulots instantanés à reprendre en concerts. Ce quatrième album n'est sans doute pas le meilleur de Paradise Lost, mais, tout en reprenant les bases posées par Shades Of God, il prépare le terrain de son successeur, Draconian Times, disque grâce auquel le groupe atteindra la maturité et qui lui permettra d'exploser, enfin. Beaucoup regrette qu'il n'est pas persévéré dans cette voie, mais, bien que très différents, One Second ou Symbol Of Life, prouvent qu'il a eu raison de n'en faire qu'à sa tête. (06.03.2007) ⍖⍖

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