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Clint Eastwood - J. Edgar (2011)


Avec J. Edgar, biopic consacré à Edgar Hoover, Clint Eastwood propose une vaste fresque à la fois ample et intimiste. D'un côté, il traverse quarante ans de l'histoire américaine à travers le portrait du patron du F.B.I. dont il nous montre la naissance. La disparition du bébé de l'aviateur Charles Lindbergh sert de fil rouge à cette dimension historique que le metteur en scène dirige d'une main de maître. De l'autre, agissant comme le reflet d'un miroir, il y a la peinture d'un homme complexe, rongé par la paranoïa dont l'homosexualité refoulée est évoquée sans fard mais avec toute la pudeur coutumière du vétéran. Hoover est un "héros" selon son coeur, en clair-obscur, qu'il n'hésite pas à présenter sous un jour sombre et torturé, être menteur et autoritaire qui veut ficher les gens mais cherche à garder secrètes ses pulsions. 

Par son talent, Clint évite le ridicule imposé par une scène comme celle où Di Caprio se pare de la robe et du collier de sa mère qui vient de décéder. L'acteur livre d'ailleurs une prestation digne d'éloge qui aurait amplement mérité des récompenses. Quoique plastiquement superbe, le film déçoit pourtant quelque peu, moins pour le maquillage raté de Armie Hammer qui semble être centenaire et une dernière partie poussive, qui étouffe sous la naphtaline que pour cette absence de vie. Plus les années passent et plus le cinéma d'Eastwood se veut mortuaire (ce n'est pas grave) et se prend au sérieux (ça l'est plus), oubliant la simplicité des débuts ou d'un Gran Torino. Ce qui explique peut-être pourquoi celui-ci reste alors son dernier succès... Beau film austère, J. Edgar s'inscrit pour son auteur dans une période qui le voit enchaîner échecs commerciaux et choix malheureux qu'il s'agisse de sa participation - certes furtive - à une éphémère émission de télé-réalité ou de son implication dans l'élection présidentielle américaine de 2012 dont il ne sort pas grandi à cause de la fameuse chaise vide... (01.05.2017) ⍖⍖⍖




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Clint Eastwood - American Sniper (2014)

Combien de metteur en scène peuvent se vanter de connaître le plus gros succès de leur carrière à 84 ans ? Aucun, si ce n'est bien entendu l'inusable Clint Eastwood dont American Sniper restera le plus grand triomphe au box office. Il est aussi le le film américain à avoir engrangé le plus de millions de dollars en 2014, ce qui n'est pas si surprenant eu égard à son sujet qui parle au coeur des Américains. Si l'homme a pu susciter des controverses, notamment de part ses prises de position assez peu politiquement correctes, son cinéma se veut généralement plus consensuel, à l'exception de Dirty Harry. Mais une fois n'est pas coutume donc, American Sniper déclenche la polémique par son patriotisme supposé. En réalité, et comme souvent chez Eastwood, ce portrait sans fard de Chris Kyle se révèle bien plus ambigu qu'il n'y parait.  Loin d'une production cocardière, il s'agit moins d'un produit de propagande qu'une dénonciation des ravages d...

Paradise Lost - Medusa (2017)

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Clint Eastwood poursuit sa carrière hors des modes et du temps. Alors âgé de 84 ans (!), l'année 2014 le voit offrir deux films, Jersey Boys et American Sniper , deux biopics aussi différents que réussis qui illustrent si besoin en était encore, la large palette de son inspiration et surtout sa verve cinématographique quand tant d'autres réalisateurs ont été mis à la retraite depuis longtemps. Après les funèbres Lettres d'Iwo Jima et ou Au-delà et les pesants Invictus ou J.Edgar , cette adaptation d'une comédie musicale, retraçant la carrière d'un groupe de rock fameux aux Etats-Unis, les Four Seasons, semble presque être l'oeuvre d'un jeune metteur en scène. Classique dans le fond, sa forme swingue, emportée par un tempo enlevé cependant que les comédiens n'hésitent pas à s'adresser directement à la caméra. Après Une nouvelle chance , sur un mode mineur néanmoins, quel plaisir de voir Eastwood revenir à un cinéma simple, s'appuyant sur des...