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Clint Eastwood - Gran Torino (2008)

On peut ranger les clintophiles en trois catégories. Il y a ceux qui pensent que Clint, c'était mieux avant, louant des films plus simples sinon modestes, plus secs également, sans afféteries. Il y a ensuite les puceaux façon Allociné qui semblent croire que Eastwood est né avec Impitoyable ou Sur la route de Madison. Et puis, il y a ceux, dont fait partie Childéric Thor, qui estiment que la vérité le concernant, se situe quelque part entre les deux. Alors oui, le réalisateur est peut-être désormais surestimé, ses films se confondent de plus en plus avec des oeuvres pour festivals et récompenses mais il faudrait être de mauvaise foi pour affirmer que La sanction (jubilatoire au demeurant) ou Firefox sont supérieurs à un Space Cowboys ou à Gran Torino justement. Ce dernier, en marquant un retour à une forme de simplicité qui faisait défaut à Mémoires de nos pères par exemple, rejoint les grands classiques du maître. Au départ, la rumeur circulait qu'il s'agirait d'une énième aventure de Dirty Harry mais Clint est trop intelligent pour se laisser aller à ce type de facilité. A la place, c'est un grand film humaniste, certes empreint de ce narcissisme propre à son auteur, et surtout un regard désenchanté sur son propre personnage, dont il continue d'illustrer le vieillissement, couplé à un portrait de l'Amérique d'aujourd'hui. 

Après Million Dollar Baby, duquel il se rapproche sur bien des points, Gran Torino marque donc le retour du comédien devant la caméra, qui trouve là un rôle taillé pour lui et l'occasion de tirer sa révérence, ce qui rendra Une nouvelle chance totalement inutile quoique sympathique. Plus proche de Tom Highway que de l'inspecteur Harry, Walt Kowalski est un homme fatigué, pétri de préjugés et rongé par la maladie et les remords. Mort, il va renaître au contact de ses voisins asiatiques qui vont devenir plus que ses amis, sa nouvelle famille. Si celle-ci est brossée à gros traits, comme c'était d'ailleurs déjà le cas dans Million Dollar Baby, le sujet n'en reste pas moins cher à Eastwood dont les personnages, mauvais pères de surcroît (Les pleins pouvoirs etc...) se (re)trouvent généralement au centre d'un cercle hétéroclite qui finit par se substituer à  la famille naturelle (Bronco Billy). D'autres thèmes récurrents dans son oeuvre sont rassemblés par un scénario d'une belle épure : la transmission, la relation initiatique entre un homme mûr et un(e) adulte en devenir, la religion, notamment à travers la posture christique de son corps lorsqu'il s'effondre, criblé de balles... A noter que, jusqu'à American Sniper, ce sera le plus gros succès de la carrière de notre homme Clint qu'entourent de formidables acteurs amateurs. (03.04.2017) ⍖⍖⍖⍖




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Clint Eastwood - Au-delà (2010)

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Doro - Doro (1990)

Si sur le papier, Force Majeure marque le point de départ de la carrière solo de la chanteuse, c’est bien ce disque éponyme - son second - qui incarne ses premiers pas hors de Warlock, son aîné n’ayant pu bénéficier d’une sortie sous la bannière du groupe que pour des raisons essentiellement juridiques. Désireuse ne plus être liée à une seule formation dont elle estime qu‘elle bride sa liberté, Doro décide donc désormais de voler de ses propres ailes, ce que confirme bien le nom de cet opus aux airs de nouveau départ. En outre, le succès aidant, elle fait le choix d’affirmer une "américanisation" de sa musique que Triumph and Agony et Force Majeure avaient déjà entamé. Fini les visuels typés heroic fantasy, la jolie teutonne s’affiche sur la pochette de Doro à la manière d’une chanteuse pop. Autre signe qui ne trompe pas : la présence de Gene Simmons (Kiss, mais est-il besoin de le préciser ?) en tant que producteur exécutif. L’avisé musicien et amateur de belles femmes col...

Paradise Lost - Medusa (2017)

Les vieux cons comme votre serviteur se souviennent encore du jour où ils ont découvert le groupe d'Halifax grâce à ce Lost Paradise matriciel dont la pochette comme sortie des enfers, continue encore de les hanter après tout ce temps. Qui aurait pu croire alors que les Anglais seraient toujours parmi nous (presque) trente ans plus tard ? Peu de monde assurément et sans doute pas les principaux intéressés eux-mêmes. Quinze albums ont coulé sous les ponts depuis 1990 comme autant de jalons d'une carrière en constante mutation. Après le retour au gothic metal qui a fait sa renommée avec Symbol Of Life (2002), Paradise Lost a entamé à partir de Tragic Idol (2012) une descente au fond d'une mine de charbon, glissement dans une obscurité sinistre dont nous pensions que le radical "The Pague Within" l'avait achevé trois ans plus tard. Pourtant, Medusa vient nous rappeler que ses créateurs furent bien au début des années 90 un des trois côtés de la Sainte Trinité ...