Ce disque ne va pas faire que des heureux, c'est une certitude. Pour faire simple, il a davantage de chance de plaire à ceux qui découvriront le groupe par son entremise - ce qui va sans aucun doute se produire -, plutôt qu'aux fans de la première (dégoûtés depuis longtemps) et de la seconde heure. Ca été en effet le grand nettoyage de printemps du côté des Britanniques qui nous offre avec One Second un tout nouveau visage. Alors qu'il aurait pu, suite au succès sans précédent de Draconian Times, album qui l'imposa il y a deux ans, se contenter de faire marcher le photocopieur, et de proposer ce que ses admirateurs attendaient de lui, Paradise Lost a, contre toute attente, décidé d'aller de l'avant. Ce qui, tout bien considéré, a toujours été sa ligne de conduite. Il n'y a qu'à comparer Lost Paradise, Gothic ou Icon, pour s'en rendre compte ! Mais voilà, bien que très différents les uns des autres, ces disques n'en étaient pas moins de pures décharges de metal, contrairement à One Second qui prend ses distances par rapport au genre. La rupture la plus évidente a lieu au niveau du chant, autrefois caverneux, puis ténébreux, et aujourd'hui limpide, clair comme un lac un matin d'été. Pour la première fois, Nick Holmes, les cheveux courts désormais, ne gueule pas ; il chante. On se rend alors vite compte quel grand vocaliste il est, ce que ses rugissements passés ne nous permettaient guère d'envisager.
Autre changement, de taille, le recours à la programmation et aux samples afin d'enrichir la palette musicale et émotionnelle du groupe. Enfin, les rythmiques plombées ont été remisées au placard, tandis que les guitares se font plus discrètes bien que toujours très présentes pour qui est prêt à se donner la peine de tendre l'oreille. Pour autant, Paradise Lost reste Paradise Lost. On retrouve de fait sur cette sixième offrande (déjà !) ce sens de la composition immédiate et de la mélodie imparable, l'une des marques de fabrique d'un groupe qui a toujours su privilégier la notion de chanson à celle de la technicité ou de l'agression pure (quoique Lost Paradise demeure tout de même un sommet du metal extrême anglais). Merveilles d'équilibre, des titres tels que "One Second", "Soul Courageous", "Mercy", "Sane" et surtout l'énorme "Say Just Words", un des meilleurs morceaux jamais écrits par les Britanniques, font rapidement leur nid en vous pour ne plus finalement vous lâcher. Plus accessible, leur musique n'en demeure pas moins toujours emprunte de cette mélancolie glacée qui leur est propre, à l'image du douloureux "The Sufferer". Plutôt que de céder à la facilité, Paradise Lost a décidé de continuer à explorer et à tracer sa propre voie, quitte à se mettre à dos une partie de son public ; ce qui est tout simplement la démarche des vrais artistes, qui écrivent avant tout pour eux-mêmes, plutôt que pour satisfaire quelques fans fermés à toute évolution. (05.03.2007) ⍖⍖⍖
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